Tout va bien, merci

In Life

© Image : Aaron Burden

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Tout va bien, merci

“- Comment allez-vous aujourd’hui ?
– Tout va bien, merci docteur.”

80%. C’est le pourcentage de fois que nous répétons cette phrase à longueur de journée. Une habitude ou une dissimulation ? Grâce à l’automatisme que provoquent ces trois syllabes, notre cerveau n’a plus besoin de réfléchir sur nos symptômes. Facilement malléable, on l’empreinte à toutes les sauces, pour pouvoir affirmer à nos proches, et même aux personnes insignifiantes que tout va bien dans les meilleures des mondes. Comme si on devait se persuader qu’aller bien était bien moins pire, que d’aller mal. Pourtant, on sait pertinemment au fond de nous que dans le « tout va bien », cela n’a rien à voir avec le B de Bonheur. Aller bien, c’est ce sentiment fluctuant, dans lequel on se réveille souvent, on l’on continue même à sourire, à se divertir, mais où notre sourire et notre divertissement sont loin d’être complets. Il n’y a pas mort d’homme de continuer d’aller bien, tout le monde le fait et l’accepte généreusement. Néanmoins, se contenter du Bien, c’est comme accepter que notre vie doive se résumer à la note d’un B et non pas à celle d’un A+. On le sait, Bien est beaucoup moins bien que Très Bien, car Bien est juste satisfaisant, comme il en paraît. Très souvent le Bien cache une affreuse hypocrisie où l’on doit tenir la face devant tout le monde pour éviter l’inquiétude. À vrai dire on le répète pas assez, mais s’en tenir au Bien ce n’est pas tirer le meilleur de son séjour sur terre, c’est juste calmer notre angoisse de ne pas vivre pleinement notre vie. C’est pourquoi on doit toujours vouloir et essayer d’aller plus que bien, car le mal est juste à un rang en dessous. Voilà d’où vient peut-être l’affrontement entre le bien et le mal.

 

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